LES TECHNIQUES DE PIEGEAGE.

 

Piégeage au tas de fumier

 

Ce mode de piégeage était utilisé du temps du piège à palette et à mâchoires, à une époque où les fermiers déposaient les volailles mortes, les délivrances des bovins et toutes sortes de reste mangeable par les animaux sauvages.

De nos jours ces endroits devront être créés par le piégeur.

Une fois l'emplacement choisi, enfoncez dans le sol un ou deux piquets de bois dans le sol. Fixer à chaque piquet de une à trois chaînes d'une longueur supérieure à un mètre, elles serviront à relier les lacets des pièges puis recouvrir les piquets de fumiers de lapins, bovins ou ovins sur environ 50 cm de hauteur.

Les amorces (appât sans piège) puis les appâts seront fixés au piquet central sur les tas de fumier, tandis que les pièges à lacet seront disposés et dissimulés sous des déchets de foins autour des tas de fumier.

Les appâts seront également dissimulés sous un peu de poussière de foin, pour ne pas attirer les corvidés ou les rapaces.

 

Dans le cas d'une préparation avec deux tas, il faudra poser un piège entre les deux emplacements.

Le tas de fumier peut prendre la forme d'un U. L'astuce est de ne pas totalement fermer l'extrémité du U ,en faisant comme une coulée.Le renard passera souvent par ce passage au lieu de choisir l'ouverture beante du U.

Pensez aussi à faire un petit tas de terre avant le piege( 4 ou 5 cm de haut suffisent) ...le renard voyant cette petite bute  voudra l'enjamber pour mettre une patte sur la palette. 

 

 

Piégeage au jardinet

 

Le piégeage au jardinet consiste à créer un espace clos, dans lequel est disposé un appât, généralement carné. Seul subsiste un passage étroit de la largeur du piège que l'on veut employer, piège à lacet, collet à arrêtoir.

Le jardinet est fait d'un assemblage de branche, un empilement de pierre, on peut également se servir d'un arbre creux à sa base.

Le jardinet comme l'enceinte pour un piège à appât se confectionne à l'avance, cela permet d'habituer les prédateurs à ce nouvel environnement. On amorcera régulièrement pour inciter les prédateurs à fréquenter régulièrement ces emplacements.

La hauteur du jardinet ne sera pas inférieure à un demi-mêtre, les branchages seront penchés vers l'extérieur.

Le jardinet sera de préférence couvert de branchage et le pourtour protégé du grattage des animaux avec des épineux. Lors du choix de l'emplacement du jardinet ou de votre enceinte pensez au point d'attache de votre piège si vous choisissez l'attache fixe. L'attache mobile a la préférence des piégeurs expérimentés, car sans cette précaution l'animal capturé risque de détruire votre travail.

 Là aussi pensez à la petite bute de terre vu précedemment.

 

 PIEGEAGE EN RAIE DE LABOUR

Le piegeur doit avant tout observer les empreintes laissées dans la raie de labour .Deux possibilités s'offrent à lui ensuite.Poser un collet arretoir en respectant les hauteurs et ouvertures ou , enterrer légèrement un appat carné avec de chaque coté un piege type beslile par exemple. Cette technique s'emploie surtout en decembre -janvier " période des amours" chez le renard car celui ci parcourt de longs trajets en quète d'une femelle ou pour marquer son territoire.

 

Piégeage au pendu.

 

Le piégeage au pendu doit être utilisé, en plaine ou du moins là où existe un espace découvert comme une prairie en bordure de bois.

Le principe est de suspendre à une branche un appât, ( une pie ou un geai (mort) pour leurs différents contrastes de plumage), cet appât sera placé à environ 0.70m de haut pour les mustélidés et 1.30m pour les renards.

On disposera sous l'appât plusieurs pièges à lacet correctement cachés, le prédateur attiré par les mouvements de l'oiseau par le vent, cherchera à s'en emparer sans la moindre prudence. 

 

Piégeage au tas de sable.

 

Cette technique a été mise au point pour le piège à lacet de marque bélisle, mais utilisable pour tous les pièges à lacet du commerce.

En plaine ou en sous bois répandre l'équivalent d'un seau de sable sur l'emplacement choisi, au centre du tas de sable disposer les amorces. Dès que les prédateurs viennent régulièrement s'emparer de celle-ci, tendre les pièges à lacet aux emplacements où les empreintes sont les plus nombreuses.

Le lacet de patte du piège étant relié à une attache fixe ou mobile par l'intermédiaire d'un émerillon.

 

 

 

Piégeage avec les boîtes à fauve.

 

 

La boite à fauve capture aussi bien les petits carnassiers que des renards adultes.

La boite à fauve peut être classé en deux types.

la boite de passage qui comporte deux ouvertures et un système de déclenchement central et la boite à appât a une seule ouverture.

La boite de passage, s'installe sur un sentier de piégeage qui aura été préparé et entretenu de longue date.La boite est posée en coulée elle doit être encadrée par des claies d'une longueur minimale d'un mètre disposé sur chaque coté des ouvertures en forme d'entonnoir pour guider l'animal dans le piège. Cette claie doit être d'une hauteur supérieure à cinquante centimètres, plus elle sera longue et plus elle fera renoncer le prédateur de faire demi-tour. Elle se réalise avec des branches taillées en pieux et enfoncées dans le sol on entrelace des branchages entre chaque pieu de façon à rendre ces barrières impénétrables. La boîte est légèrement enfoncée dans le sol pour que le niveau du fond soit au niveau du sentier, le fond de la boite doit être recouvert de terre de manière à ce qu'il n'y ait pas de changement brusque pour la vue ni au toucher des coussinets de la patte de l'animal.

 

En dehors des sentiers les deux types de boîtes peuvent être placés le long et incorporés dans les grillages de volière, sur un ponceau enjambant un ruisseau, le long des murs, dans des ruines, dans les habitations, en gueule de terrier, etc.

Pour attrapper les ragondins par exemple une ou deux pommes disposées sur la palette seront un appat idéal. 

 

 

 

Piégeage dans l'eau.

 

Autre méthode employée anciennement avec le piège à palette et à mâchoires (interdit de nos jours, un rappel n'est jamais mauvais), réalisable avec le piège à lacet.

Le piégeage à l'eau est utilisé dans les torrents de montagne mais également dans les petits ruisseaux de plaine. Le piège sera fixé à un arbre ou une branche mobile tendue sous l'eau en bord du ruisseau, sa palette sera recouverte d'une pierre plate (la palette pourra être durcie en plaçant en dessous un morceau de mousse artificielle).

L'appât sera posé à environ 80 centimètres du piège sur une pierre effleurant la surface de l'eau et recouvert d'une pierre pour le tenir en place.

Le prédateur voulant se saisir de l'appât, posera la patte sur la pierre piégée émergeant de l'eau, le piégeur aura au préalable supprimé les autres pierres effleurantes lors de la préparation du piègeage.

Ce mode de pose est déconseillé quand il y a présence d'espèces protégées, loutres ou castors sur le secteur. 

 

Piégeage à appât végétal.

 

Le piégeage aux pièges en X (conibear)ou livres de messe permet une bonne régulation des ragondins et des rats musqués.

Pour la pose de ces pièges sur les berges des ruisseaux on aménagera l'emplacement à la pelle pour disposer le piège à une dizaine de centimètres au-dessus du niveau de l'eau, plus, si le niveau n'est pas constant. Les appâts pommes ou carottes seront embrochés sur les fils de détente du piège et légèrement recourbés pour le maintenir l'appât en place.

Le livre de messe est simplement coincé dans le terrain.

 

Le conibear sera maintenu avec deux piquets de bois insérés dans chaque boucle du ressort du piège. Le piège sera relié par une chaîne ou un câble d'acier à un point fixe pour le cas où le piège tomberait à l'eau avec sa prise et risquerait d'être entraîné par le courant.

 

 

Piégeage en coulé.

 

Ce mode de piégeage est de loin le plus prenant, car le piège est posé sur le passage habituel des nuisibles.

Une fois la coulée repérée, il convient de choisir le piège adéquat, la boite à fauve, le piège à lacet ou collet ,beslile etc...

La pose proprement dite dépend du modèle utilisé. Dans tous les cas l'environnement ne devra pas ou peu être modifié. Lors des visites des pièges le piégeur se déplacera hors de la coulée du prédateur.

 

 

 

Piégeage au faux nid.

 

Les mustélidés sont friands d'œuf, l'utilisation du piège à œuf et du C910 trouve son utilité dans ce mode de pose.

Dans la nature on placera ce piège au pied d'une souche d'arbre, d'un buisson, d'une haie ou dans des ruines.

 

Le piège à œuf est disposé dans une cuvette creusée dans le sol que l'on garnit d'un peu de paille additionné de quelques plumes ventrales de poule ou faisan. L'œuf appât est collé sur la cuillère du piège avec du blanc d'œuf ou une colle inodore genre "colle à rat", il peut également être fixé par un fil le traversant mais l'œuf risque de se vider et son allégement déclenchera la fermeture des mâchoires.

Pour éviter les accidents, la pose dans une caisse fermée est recommandée, une ouverture d'un diamètre de dix centimètres est suffisante pour laisser passer les fouines et les martres, de plus la visite du piège est ainsi repoussée à la matinée au lieu des deux heures réglementaires, et de plus il reste tendu le jour.

On utilisera de préférence un œuf blanc (poule naine) qui est plus attrayant pour les mustélidés, les œufs durs ou factices en plastique ou plâtre sont à proscrire.

Un jardinet avec un faux nid en appat donne de trés bons résultats.Les mustilidés et les becs droits sont les premiers interessés par les oeufs ainsi disposés. 

 

 

 

Poser une belettière.

 

La belettière est un piège très simple, peu coûteux et dont le rendement est surprenant, si toutefois elle est placée correctement.

Le sol doit être creusé sur toute la longueur de la boite, de façon à créer un léger dénivelé. Il faut placer la beletière, l'entrée sur la partie de la déclivité venant effleurer le terrain, le fond, par conséquent, sur la partie la plus profonde. Ainsi, la planche à bascule se présente droite à l'animal et il rentre plus volontiers dans la boite. De plus le basculement se fait mieux.

On peut avant la pose mettre la belettière quelques jours dans du fumier de lapin ou introduire une souris dans celle-ci pour la rendre plus attractive. Il est également rentable de placer sa première prise sous le piège pour prendre la famille complète.  

 

Piégeage à la nasse à becs droits.

 

Les becs droits (pie bavarde et corneille noire) sont incontestablement des pillards de nids et des dévoreurs de canetons et de passereaux.

Pour les réguler efficacement, la corbeautière est primordiale; il faut veiller à ce que quelques grands arbres soient à proximité (peupliers) car les corneilles se percheront toujours pour observer les environs avant de se décider à descendre dans la cage.

Une cage bien placée sera prenante toute l'année. Deux ou trois appelants (pie ou corneille vivante domestiquée) suffisent. Il est facile de s'en procurer auprès de piégeurs qui ont déjà des cages opérationnelles.

Vos appelants, (corneilles, corbeaux freux ou pies) pourront être baguées pour ne pas les confondre avec leurs congénères à réguler.

Comme appâts, les déchets carnés et les pommes de terre cuites sont recommandés.

Dès lors que plusieurs oiseaux sont pris, le piégeur aura soin de les enlever une fois la nuit tombée avec une épuisette. Sans cette précaution, si leurs congénères à la vue perçante, s'aperçoivent de la manœuvre, plus aucune prise ne se fera plus. Les prises seront tuées loin des prises en place.

 

Les appelants devront toujours avoir à leur disposition nourriture et eau dans la cage.  

Il est bon d'incorporer dans le grillage d'une corbeautière une boite à fauve pour capturer les nuisibles qui ne manqueront pas de s'intéresser à la nourriture ou aux appelants.

 

La corbeautière fixe est plus adaptée pour la capture de la corneille et du freux. La cage à pie transportable circulaire ou rectangle donne d'excellents résultats sur les pies qui sont moins sociables et ne supportent pas d'intrus sur leurs territoires.

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